Comme le disait notre pote Aristote : « L’homme est un animal social ». Quelques siècles plus tard, Sartre nous offrait une citation un tantinet plus pessimiste : « L’enfer, c’est les autres ». Bilan de l’affaire : on a besoin des autres, mais ils nous embêtent souvent quand même …
Je suis une personne assez sociable. Les gens que je connais, croise ou rencontre chaque jour m’apportent sans cesse de nouvelles occasions de découvrir, réfléchir, apprendre, m’émouvoir et avancer. Néanmoins, tout animal social que je suis, je reste souvent perplexe face à ces personnes qui s’interdisent la moindre fantaisie par peur du regard des autres. Attention, lorsque je parle de fantaisie : il y a fantaisie ET fantaisie. Acheter un fouet pour dompter son malheureux chihuaha, c’est mal ! S’offrir une paire de chaussures rose fluo parce qu’on est nostalgique de ses années Barbie est en revanche totalement bénin et normal (enfin je crois). Pourtant, je parie un milliard de M&M’S que des milliers de femmes hésitent longuement avant de s’acheter une paire de chaussures rose fluo en pensant aux réflexions qu’elles seraient susceptibles de recevoir.
Vivre avec les autres est une joie, vivre pour eux au détriment de ses propres désirs est un enfer. Cette brillante analyse de comptoir m’a conduite à me demander dans quelle mesure j’étais moi-même conditionnée par le regard des gens. Le résultat fût clair : je suis une personne assez préoccupée par le regard des autres,mais au final, je fais toujours ce que je veux. J’accorde de l’importance à ce qu’on peut dire ou penser de moi. Cela peut même parfois douloureusement me blesser. Néanmoins, j’ai la sensation qu’il y a toujours en moi une zone de conviction que rien ne peut ébranler.
J’agis souvent de manière insolite, décalée. Pendant longtemps, j’ai eu honte lorsqu’on me qualifiait « d’originale ». Etre en dehors de la norme peut être terriblement anxiogène durant l’adolescence. Puis, avec le temps, j’ai réalisé que nous étions tous emprunts de folie douce. Certains tentent de le maîtriser, d’autres en font un étendard...de mon côté j’ai simplement décidé qu’il s’agissait d’une composante de ma personnalité au même titre que ma gourmandise ou encore mon amour pour les pingouins. En quoi devrai-je avoir honte d’être moi si cela ne fait de mal à personne ? Bien sûr, je ne passe pas ma vie à me dire que je me fous des autres…pas plus que je ne me force à être ce que je ne suis pas pour leur faire plaisir. Disons seulement que j’en ai pris mon parti. Les réflexions des gens doivent me permettre d’avancer, pas de freiner. Une remarque négative mérite qu’on s’y attarde afin de se remettre en question, mais en aucun cas elle ne doit constituer une vérité gravée dans la pierre.
J’ai également remarqué que les réflexions négatives que nous adressent les gens en disent souvent bien plus long sur eux que sur nous. Faire ce qu’on veut (dans une certaine mesure bien entendu) a tendance à agacer les gens qui s’empêchent d’en faire autant. D’où les remarques constantes sur le prétendu « égoïsme » ou « détachement » dont on peut faire preuve. Pourtant, qui ne rêve pas d’être heureux ? Qui ne souhaite pas s’épanouir et pouvoir être aimé tel qu’il est ? Je ne suis pas parfaite, je n’y travaille même pas, car la lutte serait vaine. Par contre, j’essaie constamment de m’améliorer. La nuance est importante selon moi. En m’améliorant, je n’essaie pas d’être une autre. Juste moi en mieux…pour mon propre bonheur et celui des gens qui comptent. Cela revient au même au final ;)
Et vous? Quel rapport entretenez vous avec le regard que les autres portent sur vous?